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Niger Vivant, désert vivant

Le Niger, vaste comme 2 fois et demie la France, terre recouverte en majorité par le désert dont les sols regorgent d’or, d’uranium et de pétrole. Son indice de développement humain est un des plus faibles du monde et ses frontières sont aujourd’hui fermées en raison du terrorisme et des risques d’enlèvement. Malgré les difficultés, une association joinvillaise, Niger Vivant, continue à venir en aide au peuple touareg nigérien, dont nous avons rencontré un représentant en visite à Joinville, Adam Zidia.

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Le Niger, vaste comme 2 fois et demie la France, terre recouverte en majorité par le désert dont les sols regorgent d’or, d’uranium et de pétrole. Son indice de développement humain est un des plus faibles du monde et ses frontières sont aujourd’hui fermées en raison du terrorisme et des risques d’enlèvement. Malgré les difficultés, une association joinvillaise, Niger Vivant, continue à venir en aide au peuple touareg nigérien, dont nous avons rencontré un représentant en visite à Joinville, Adam Zidia.

Le Niger, terre de contact entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord, est en passe de devenir le deuxième producteur mondial d’uranium. Les retombées économiques de cette production, laissée majoritairement aux mains de grands groupes internationaux par les gouvernements successifs, sont très faibles pour le peuple nigérien. Des entreprises internationales exploitent par ailleurs le pétrole nigérien. A Zinder, au sud du pays, la Chine a financé l’installation d’une raffinerie pour exploiter l’or noir. 60% des revenus vont à la Chine, 40% au Niger.
C’est ainsi que le Niger est le deuxième pays le moins développé au monde.
Le peuple s’est rebellé à plusieurs reprises, notamment les touaregs qui souhaitent bénéficier davantage des retombées de l’exploitation des ressources du pays. La guerre en Lybie et le conflit malien ont entrainé un afflux important de réfugiés au Niger. Ils ont également donné lieu au passage abondant d’armes au Mali en transitant par le Niger.
Bien que le président Issoufou affiche davantage la volonté de redistribuer les richesses du pays aux Nigériens, l’héritage et les engagements passés sont lourds.
Foyer de groupes terroristes islamistes et de multiples trafics, le pays voit son territoire interdit aux touristes étrangers depuis 2007, le privant de précieuses ressources.

Beaucoup d’associations ont dû renoncer

De nombreuses associations qui venaient en aide aux populations locales ont dû renoncer, faute de pouvoir aller à leur contact. Telle une oasis tenace dans un désert hostile, une joinvillaise, Marie-Françoise Proeschel, avec son association Niger Vivant, maintient le contact avec des associations locales, dans la région d’Agadez et dans le nord du pays, un vaste désert qui constitue la frange sud du Sahara, reposant sur le massif de l’Aïr à l’ouest et le désert du Ténéré à l’est.
En cette fin d’année 2012, puisqu’elle ne peut se rendre au Niger, elle a invité Adam Zidia, responsable de l’association Tazzalt. Adam est un Touareg qui vit à Agadez, capitale historique des touaregs, distante de 1000 km de Niamey.
Cet homme affable a 62 ou 63 ans. « Je ne sais pas précisément, car je suis né dans la brousse », nous précise-t-il. Adam a vu la situation se dégrader dans le pays et sa région.
« Avant 2007, l’afflux de touristes permettait au secteur de l’hôtellerie, aux agences de voyages, à l’artisanat local de vivre. Aujourd’hui, tout est à l’arrêt et beaucoup de jeunes qui n’ont jamais été scolarisés sont livrés à eux-mêmes »
Pour les aider à s’en sortir, Adam a décidé de créer une association, Tazzalt, littéralement métier. Avec l’aide financière et logistique de Niger Vivant, Adam Zidia a pu construire un atelier à Agadez où, avec l’aide de deux autres forgerons, il accueille 5 jeunes pour leur donner une formation. « Nous accueillons 5 jeunes de 16 à 25 ans. Pendant 3 ans ils apprennent le métier de forgeron-bijoutier. Parce que celui qui sait façonner des bijoux peut tout sculpter. A l’issue de cette troisième année, ils pourront trouver un travail. »
« Mais ce n’est pas tout », ajoute Marie-Françoise Proeschel, « un instituteur payé par Niger Vivant vient une fois par semaine leur donner les bases de calcul, d’écriture et de lecture afin qu’ils ne signent pas n’importe quoi lorsqu’ils travailleront. »

L’association Niger Vivant vient également en aide au peuple touareg en proposant le parrainage de collégiens qui vivent en brousse à environ 130 km de piste d’Agadez. Après avoir obtenu leur certificat de fin d’études primaires, ils peuvent ainsi venir en internat à Agadez pour y suivre un cycle d’études secondaires. L’école est une lueur d’espoir qui peut contribuer à faire de ces jeunes des adultes capables de participer activement au développement de leur pays.

Discrète mais pugnace, Marie-Françoise Proeschel finance également le projet Désert Vivant.
Dans la réserve de l’Aïr et du Ténéré, suite aux sécheresses récurrentes, on assiste depuis plusieurs années à une disparition massive de la grande faune, à une raréfaction des pâturages et de la flore.

8 jours de chameau dans le désert pour envoyer un mail

Ahmed Tcholli, initiateur et responsable du projet Désert Vivant, contribue à la protection des ressources naturelles et culturelles de cet écosystème. Il met en œuvre les moyens permettant le développement durable de cette région et évite ainsi la paupérisation extrême des 850 nomades qui y vivent.
Depuis 2007, avec l’aide de Niger Vivant, il a fait creuser et cimenter 1 puits, clôturer une importante parcelle sur laquelle s’élève maintenant une pépinière.
Après la plantation de 1000 arbres en 2011, le projet continue en 2012 avec le forage de 2 nouveaux puits traditionnels. Niger Vivant finance aussi l’achat de carburant pour les moto-pompes qui alimentent les puits, l’achat de plants d’agrumes et de moringa, arbre miracle du sahel aux feuilles très riches en protéines. L’association a également procédé à la reconstitution du cheptel indispensable à la survie de 3 familles en grande difficulté, en rachetant pour chacune d’elles 3 chèvres et un bouc.
Pour envoyer un devis par mail à Marie-Françoise Proeschel, Ahmed a fait 8 jours de chameau dans le désert pour rejoindre Arlit et ainsi accéder à un téléphone et un ordinateur.
Un autre continent, un autre monde, un autre quotidien avec une espérance de vie moyenne qui ne va pas au-delà de 44 ans contre environ 80 en Europe occidentale.
L’action de Niger Vivant est locale, mais dans ce désert immense où l’économie du rien prédomine, ce désert hostile où seuls les touaregs survivent, la moindre goutte d’eau est une richesse, une perle d’espoir et de vie dans un océan de sable et de roche.


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