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Urbanisme et aménagement

Le risque inondation à Joinville

Prémière publication : 14/09/2007 | Mis à jour : 17/01/2008

2 types de risque d’inondation à Joinville

- Inondation par débordement de la Marne :

Le cours d’eau sort de son lit mineur pour occuper son lit majeur. Il submerge alors les terrains urbanisés qui s’y trouvent. Ce sont des crues d’hiver avec une montée des eaux relativement lente et progressive.

- Inondation par ruissellement :

L’imperméabilisation des sols (revêtement urbain) rend impossible l’absorption de pluies d’orages intenses. Ce ruissellement sature les réseaux d’évacuation des eaux pluviales et submerge la voirie et les habitations. Ce sont des inondations plutôt estivales avec une montée des eaux rapides. Nous allons particulièrement insister sur les inondations provenant de la Marne car elles sont les plus importantes et les plus dommageables.

La crue de référence

Une crue de référence est la crue contre laquelle l’ensemble des acteurs (politiques, société civile, etc.) décide de se prémunir. Elle se caractérise par sa fréquence. Au Pays-Bas, par exemple, l’Etat a décidé, parce que plus de 60 % de la population vit au dessous du niveau de la mer, de se prémunir contre une crue décamillénale (période de retour = 10 000 ans).

En France la crue de référence est centennale (période de retour = 100 ans). Sur la Région parisienne une crue centennale s’est produite en 1910. Les données relatives à cet événement sont assez fournies pour permettre de la prendre comme référence. Pour autant il ne s’agit pas de projeter la ligne d’eau de 1910 sur le territoire d’aujourd’hui. Il faut pouvoir intégrer les modifications topographiques et hydrauliques qui sont intervenues postérieurement.

La crue de 1910 correspond à un événement complexe : c’est une "crue triple". Ce la signifie que l’importance de la crue est déterminée par l’arrivée plus ou moins simultanée de différentes ondes de crues. Le phénomène est amplifié par l’imperméabilisation des sols. La crue de 1910 résulte de la conjonction de trois ondes de crue cumulées aux caractéristiques différentes :

  • Une crue centennale sur la Seine amont,
  • Une crue de période de retour de 60 ans sur la Marne.
  • Une crue de période de retour de 150 ans sur l’Yonne

- Quelques précisions sur la définition d’une crue centennale :

  • Une crue centennale survient 1 fois tous les 100 ans : FAUX 100 ans est la période de retour de la crue et non la probabilité qu’elle survienne. Ainsi, une crue centennale (période de retour = 100 ans) à 1 chance sur 100 d’arriver tous les ans soit 2 chances sur trois d’arriver en 100 ans ! La différence est de taille. Cette erreur de raisonnement est très répandue.
    Quelques explications mathématiques :
    - Rappelons que le temps de retour T d’un phénomène comme une crue est par définition l’inverse de la probabilité annuelle p de ce phénomène : p = 1/T.
    - Par exemple, pour T=100 ans, p=1/100. La correspondance entre ces deux notions peut-être illustrée de la manière suivante : la probabilité d’avoir ne serait-ce qu’une fois la crue centennale au cours d’une année est égale à 1 sur 100, soit un risque de 1 % !
    - Mais ce qui intéresse le plus un riverain, c’est le risque de voir ses biens atteints au cours d’une période d’utilisation courante de sa propriété ; autrement dit, c’est le risque de survenance de la crue durant une période de n années à venir. Ainsi il est plus pratique de dire que la probabilité de ne pas avoir la crue centennale au cours d’une période de cent ans est statistiquement de 1/3. On peut dire aussi qu’en vingt ans, un individu a une chance sur cinq de vivre la crue centennale.
  • La crue centennale n’étant pas survenue depuis 1910, elle reviendra avant 2010 : FAUX
    Ce raisonnement, comme celui du dessus, est erroné. Une crue centennale à 1 chance sur 100 d’arriver tous les ans. La probabilité est annuelle. Autrement dit, tous les ans la probabilité de survenance de la crue est la même. Ainsi une crue centennale peut ne pas survenir pendant une très longue période et survenir ensuite plusieurs années de suite.

Analyse du risque

Les inondations de la Marne à Joinville-le-Pont sont des phénomènes lents. Ainsi en janvier 1910, la montée de la Seine est de l’ordre d’un mètre en 24 heures. Les vies humaines ne sont pas directement menacées par ce type d’inondations, sauf en cas de rupture de murette entraînant des montées d’eau localisées mais rapides. Subsistent également des risques d’accidents par imprudence ou des risques indirects liés aux conditions d’hygiène et d’alimentation en eau potable. En effet, l’approvisionnement en eau potable des populations, touchées ou non par la crue, serait très fortement perturbé ; l’alimentation électrique ainsi que les communications seraient interrompues en de nombreux endroits. Les personnes dépendantes d’appareillages électriques pourraient être touchées.

Ces inondations occasionnent des dommages matériels importants liés à la hauteur et à la durée de submersion. Elles entraînent des gênes considérables pour la vie des habitants, les activités économiques et le fonctionnement des services publics. La vallée de la Marne est beaucoup plus encaissée, la crue s’étend peu sauf au sud de Saint-Maur et à Bonneuil où l’on retrouve la plaine de Créteil. L’urbanisation est beaucoup plus homogène, essentiellement constituée d’habitat pavillonnaire comportant parfois des activités artisanales et des petits collectifs. Seul le port de Bonneuil accueille massivement des activités. Sur le plan hydraulique, la boucle de Saint-Maur présente la particularité d’être dérivée par le tunnel de Joinville. Cela permet d’assurer un meilleur écoulement des eaux pour les crues intermédiaires. Pour une crue de type 1910, l’intérêt de l’ouvrage est limité, la crue de la Seine “ remontant ” jusqu’à Joinville.

Le PPRI du Val-de-Marne

Issue d’une large concertation entre les élus et les services de l’Etat, le P.P.R.I. touche 24 communes riveraines de la Marne et de la Seine. Le Préfet du Val-de-Marne et la Direction Départementale de l’Equipement sont responsables de l’élaboration du P.P.R.I menée en concertation avec les élus.

L’élaboration du P.P.R.I. est guidée par trois objectifs généraux :

  • Interdire les implantations humaines dans les zones les plus dangereuses où la sécurité des personnes ne peut être garantie intégralement.
  • Les limiter dans les autres zones inondables
  • Préserver les capacités d’écoulement et d’expansion des crues

Le P.P.R.I. rappelle aux usagers, aux investisseurs et aux responsables des services publics la situation de risque dans laquelle les terrains se trouvent.
Elle implique de prendre des mesures préventives. C’est l’enjeu du P.P.R.I. de réduire l’exposition au risque et la vulnérabilité des personnes et des biens. Dans ce contexte, il fait connaître aux riverains à la fois les risques encourus et la réglementation applicables en zone inondable.

Après l’enquête publique en mai et l’approbation par arrêté préfectoral en date du 28 juillet 2000, le Plan de Prévention du Risque Inondation de la Marne et de la Seine est annexé au Plan d’Occupation des Sols de Joinville-le-Pont et vaut servitude d’utilité publique.
Après un avis favorable à l’unanimité de la Commission Environnement, le Conseil Municipal a approuvé le dossier lors de la séance du 28 septembre 2000.

Le P.P.R.I. du Val-de-Marne a été approuvé le 12 novembre 2007 par arrêté préfectoral. Il est consultable sur ce site.

Mairie de Joinville-le-Pont

23 rue de Paris

BP. 83 94344 Joinville-le-Pont Cedex

Tél. : 01 49 76 60 00

Mail : courrier@ville-joinville-le-pont.fr

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