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Santé et solidarité

Hervé Allart de Hees, Secrétaire général du Conseil National Handicap et PDG d’ACCEO

Prémière publication : 05/02/2014 | Mis à jour : 07/02/2014

Chef d’entreprise autodidacte et Secrétaire général du Conseil National Handicap depuis fin 2012, Hervé Allart de Hees a investi le champ du handicap par la voie entrepreneuriale. Il a ainsi créé Acceo, un service permettant aux personnes sourdes et malentendantes de communiquer avec les personnes entendantes. Son approche du handicap, pragmatique, apporte de nouvelles pistes de réflexion.

Vous êtes le Secrétaire Général du Conseil National Handicap. Pouvez-vous nous présenter cette association, son rôle ?

Le Conseil National Handicap est une association créée à l’initiative de Jacques Chirac en 2003. A l’origine, elle avait pour mission d’accompagner la loi pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées qui a été votée en 2005. Grace à notre statut d’association, nous bénéficions d’une indépendance et d’une neutralité qui nous permet d’être à l’écoute des différents acteurs du champ du handicap et de proposer éventuellement des actions correctives aux mesures d’application de la loi. Changer le regard vis-à-vis du handicap, faciliter l’accès des personnes handicapées à la vie scolaire, sociale et professionnelle font également partie de nos missions prioritaires.

Vous êtes aussi à l’origine de la solution Acceo, un service innovant en matière d’accessibilité récemment mis en place à Joinville. Pouvez-vous nous en dire plus ?
On a trop souvent tendance à réduire la question du handicap à la personne en fauteuil. Or, on oublie toutes les autres formes de handicap : sensoriel, cognitif, auditif…Le service Acceo apporte une solution à cette dernière forme de handicap. En 2007, j’ai créé Tadeo, société spécialisée dans les technologies et services permettant la communication entre « entendants » et personnes présentant un handicap auditif en milieu professionnel. Grâce à Internet, une webcam, un micro haut-parleur, la personne sourde est mise en relation avec une plate-forme où des opérateurs interprètes en langue des signes et e-transcripteurs peuvent traduire ou transcrire les propos de l’interlocuteur entendant. Il y avait une vraie demande à ce sujet de la part des chefs d’entreprises pour permettre à leurs salariés malentendants de bénéficier des mêmes conditions de travail, et donc de la même efficacité, que leurs collègues « entendants ». Au vu du succès de cette solution nous avons élargi le concept à la relation entreprises-client avec la création d’Acceo. Grâce à ce service, que Joinville a mis en place, il est désormais possible pour les clients/ usagers sourds et malentendants de dialoguer en temps réel par l’intermédiaire d’un opérateur spécialisé [1]

De manière générale, quel bilan feriez-vous des avancées en termes d’accessibilité à un an du terme fixé par la loi du 11 février 2005 sur le handicap ?
La loi de 2005 a accéléré la prise en compte de la dimension du handicap dans de nombreux domaines, que ce soit au niveau de l’accessibilité de l’espace public, des commerces, de l’insertion professionnelle et scolaire ou en matière de compensation du handicap. Néanmoins, on est encore loin d’une situation optimale. L’accessibilité généralisée ne sera pas réalisée en 2015.

Le délai était-il trop ambitieux ?
Le délai était cohérent mais il y a eu un manque de suivi et d’engagement. Dans le secteur public, de gros efforts ont été faits mais dans le secteur privé, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. La question de l’accessibilité est souvent mal présentée. On a souvent tendance à l’envisager en termes de coût, de contrainte. C’est pourquoi le secteur privé tarde à se conformer aux exigences d’accessibilité.

Que faudrait-il faire selon vous pour atteindre l’objectif de l’accessibilité généralisée ?
En ce qui concerne le secteur privé, il faut opérer un changement radical de discours et démontrer que le défi de l’accessibilité constitue une opportunité de croissance. Le moteur du changement, ce n’est pas la solidarité. Il faut être pragmatique. Pour que ça marche, il faut que les acteurs économiques y trouvent un intérêt. Il a été prouvé que les entreprises et commerces qui réalisaient des travaux d’accessibilité augmentent leur chiffre d’affaire de 20 à 30% avec un espace plus circulant et plus accessible, qui profite aux personnes en fauteuil mais également à tous les consommateurs, que leur mobilité soit réduite ou qu’ils soient valides . Concernant l’insertion professionnelle, il faut ajouter le principe d’égalité des résultats à celui d’égalité des chances. En tant qu’employeur, je réfléchis en termes de performance. Avec Tadeo, nous avons créé un service qui permet à une personne sourde ou malentendante d’avoir la même efficacité que les personnes entendantes. C’est ce type d’approche que nous devons développer pour atteindre l’objectif d’accessibilité.

(1) Pour en savoir plus sur le service Acceo, cliquez sur le lien ci-dessous :
Service en ligne pour les personnes sourdes et malentendantes http://www.ville-joinville-le-pont....

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